Joseph HUBERT (1747-1825)

Collège Joseph HUBERT

 

Fils d’ Henri Hubert, officier ayant eu un commandement lors de la prise de possession de l’île Maurice au nom de la France en 1721. Sa mère était une demoiselle Lucas, de vieille souche Bourbonnaise.

        Né à St Benoît, le jeune Joseph n’est pas allé à l’école, son quartier était alors une sorte de bout du monde. Il grandit librement, à l’ombre du premier cannelier de l’île, planté par son père en 1732. Son sens de l’observation et son intelligence lui servirent de diplôme. Il fut un botaniste qualifié, dans ses biographies, de premier savant réunionnais.

     Joseph Hubert fut passionné par la botanique, l’agriculture et les plantes nouvelles importées de toute la ceinture tropicale. Dès qu’il eut l’occasion de se rendre à l’île de France, (île Maurice) il ne manqua pas d’aller voir le fameux Pierre Poivre, conquérant de la noix de muscade et du clou de girofle, en son célèbre jardin des Pamplemousses. Pierre Poivre s’enthousiasma pour ce jeune émule et, aussitôt que la loi le lui permit, il lui fit expédier à la Réunion quelques précieux plants, dont un giroflier et deux muscadiers.

 L’infatigable Hubert contribua aussi à l’introduction et à la propagation du jamalac, du jam-rosa, du mangoustant, de l’évi, du cacaoyer, de la vanille… En 1778, en un seul voyage de l’île de France, il rapporta cent vingt six espèces végétales différentes.

Il a collaboré avec Cére, le successeur de Pierre Poivre aux Pamplemousses, avec l’Académie des Sciences et tous les amateurs de botanique des deux îles. 

Joseph Hubert étendit aussi son champ d’intérêt à bien d’autres domaines : volcanologie (il fit plusieurs voyages au volcan), pétrographie (étude des roches), météorologie et…politique. Il fit beaucoup pour le quartier où il et né et où il possédait deux propriétés : le Bras Mussard et le Boudoir, véritables jardins botaniques, tous deux hélas disparus !

Il rendit un émouvant hommage posthume à Pierre Poivre et, à cette occasion, affranchit solennellement son esclave, Jean-Louis, pour les soins qu’il avait prodigué à son muscadier.

Inquiet du sort des petits Blancs, après l’abolition de l’esclavage, Joseph Hubert s’intéressa aussi à tout ce qui pouvait leur apporter un peu plus de bien-être : il fut à l’origine de la création du quartier St Joseph.

Joseph Hubert meurt le 19 avril 1825 après une vie entière dévouée à son île.

On lui érigea un buste au Jardin du Roi (Jardin de l’Etat) à St Denis, qu’il avait contribué à enrichir de nombreuses plantes.
On a retrouvé, en 1881, des liasses de « papiers Joseph Hubert », qui emplissent des cartons entiers aux Archives Départementales ce qui prouvent l’extraordinaire intelligence et l’immense travail réalisé par l’autodidacte de St Benoît…

Jessica , Natacha, Yndranye